Pouvons-nous profiter de la vie sans « mettre à part » ? [PHILO]

Pouvons-nous profiter de la vie sans « mettre à part » ? [PHILO]

Bonjour à tous,

Aujourd’hui après un long moment sans écrire, je me retrouve face à une question de philo relativement corsé. « Pouvons-nous profiter de la vie sans « mettre à part » ? ». Avant d’y répondre je vais devoir vous expliquer un texte que j’ai du étudier pour pouvoir répondre à la question principale.

Voici le texte :

« On met à part sans le savoir, là précisément est le danger. Ou, ce qui est pire encore, on met à part par un acte de volonté, mais par un acte de volonté furtif à l’égard de soi-même. Et ensuite on ne sait plus qu’on a mis à part. On ne veut pas le savoir et, à force de ne pas vouloir le savoir, on arrive à ne pas pouvoir le savoir. Cette faculté de mettre à part permet tous les crimes. Pour tout ce qui est hors du domaine où l’éducation, le dressage ont fabriqué des liaisons solides, elle constitue la clef de la licence absolue. C’est ce qui permet chez les hommes des comportements si incohérents, notamment toutes les fois qu’intervient le social, les sentiments collectifs (guerre, haines de nations et de classes, patriotisme d’un parti, d’une Église, etc…). Tout ce qui est couvert du prestige de la chose sociale est mis dans un autre lieu que le reste et soustrait à certains rapports. On use aussi de cette clef quand on cède à l’attrait du plaisir. J’en use lorsque je remets de jour en jour l’accomplissement d’une obligation. Je sépare l’obligation et l’écoulement du temps. Il n’y a rien de plus désirable que de jeter cette clef. Il faudrait la jeter au fond d’un puits où on ne puisse jamais la reprendre. L’anneau de Gygès devenu invisible, c’est précisément l’acte de mettre à part. Mettre à part soi et le crime que l’on commet. Ne pas établir la relation entre les deux. L’acte de jeter la clef, de jeter l’anneau de Gygès, c’est l’effort propre de la volonté, c’est la marche douloureuse et aveugle hors de la caverne. Gygès. Je suis devenu roi, et l’autre roi a été assassiné. Aucun rapport entre ces deux choses. Voilà l’anneau. Un patron d’usine. J’ai telles et telles jouissances coûteuses et mes ouvriers souffrent de la misère. Il peut avoir très sincèrement pitié de ses ouvriers et ne pas former le rapport. Car aucun rapport ne se forme si la pensée ne le produit pas. Deux et deux restent indéfiniment deux et deux si la pensée ne les ajoute pas pour en faire quatre. Nous haïssons les gens qui voudraient nous amener à former les rapports que nous ne voulons pas former. »

Ce texte est un texte de Simone Weil, et résume entre autre le fait de « mettre à part ».

L’idée essentielle du texte permet de comprendre le fait de « mettre à part ». Le fait de mettre à part est un danger, c’est un acte de volonté envers soi-même. On ne fait plus attention aux choses quand notre seul but est de nous satisfaire et d’être heureux. Quand on ne pense pas à la souffrance et aux malheurs qui nous entoure, nous pouvons nous dire que l’on met à part le monde qui nous entoure, et quand cela arrive, nous pouvons plus faire marche arrière et nous oublions ce que l’on a fait. Simone Weil l’explique bien avec une clef de license. Cette clef qui nous permet de pouvoir jouir d’un pouvoir humain, de mettre à part sans en être concerné, est donné à celui qui le premier mettra à part le social, et mettra en avant un plaisir quelconque. C’est à cause de cette clef, que les hommes peuvent faire l’inévitable et soustraire à la population de nombreuses choses et agir dans l’ombre. C’est dans ces moments que l’homme change sa face, et devient aussi cruelle et malveillant que l’on puisse le croire. C’est avec cette faculté de mettre à part que l’on peut se  permettre de commettre tous les crimes. Le plaisir est aussi une des raisons de mettre à part, Simone Weil l’explique quand l’attrait du plaisir est apparente chez l’homme, il remet de jour en jour l’accomplissement d’une obligation. L’obligation est donc séparé pour le profit du temps et du plaisir. Ce qui est le mieux pour l’homme est de jeter cette clef, et de ne plus pouvoir la récupérer. Le fait de jeter cette clef, pourra permettre à l’homme de ne plus mettre à part les choses qui sans cesse repousse avec attention. Et de faire des liaisons avec les différentes choses qui l’entoure. Elle prend l’exemple de l’Anneau de Gygès. Gygès un berger trouva un anneau qui le rendait invisible, une fois invisible il tua son roi, et prend son trône. Il est devenu roi, et l’autre roi est assassiné, mais pour lui il n’y a aucun rapport. Voilà ce que permet l’anneau, de mettre l’évidence du crime invisible. Il y a deux cas de figure. D’un coté Gygès pourrait jeter l’anneau, comme nous la clef, et de sortir de cette tourmente de mise à part en commun. Dans ce cas là Gygès aurait fais le rapprochement entre le meurtre et le trône. Ou de l’autre garder cette anneau, et dire non aucun rapport je suis le roi et c’est tout, l’autre est mort point, aucun lien. Simone prend bien l’exemple d’un patron d’usine. Lui qui est riche grâce à l’argent de son entreprise, et ses ouvriers qui sont sous payés. Il n’y voit là aucun rapport, alors que c’est lui qui tiens les comptes à la fin du mois… Mettre à part signifie être ignorant de soi-même et de faire comme si de rien n’était, d’ignorer notre nous intérieur et de mettre à part notre conscience et parfois notre âme, pour accomplir des méfaits sans se soucier du reste.

« Tout ce qui est couvert de prestige de la chose sociale est mis dans un autre lieu que le reste et soustrait à certains rapports. »

Dans cette phrase nous pouvons nous demander ce que signifie le terme « couvert de prestige ». En faite ce terme regroupe ce qui est glorieux, ou de bonnes images de soi. Les passages glorieux d’une personne sont donc envoyer autre part et soustrait de toute autre vision de sa propre estimation de soi même, pour ne garder que le meilleur de soi. C’est un montage que l’on fait de sa propre vie, de son propre soi, pour ne montrer que le bien que l’on produit et de supprimé le mal que notre conscience n’a cessé de nous montrer et que pourtant on efface jour après jour.

« Car aucun rapport ne se forme si la pensée ne le produit pas. »

C’est un point de vue normal de se dire ça, si l’on n’y pense pas, rien ne se passe. Pourtant c’est le contraire de l’anneau de Gygès ou de la clef de license, ces objets qui produit un point de vue mettant hors de cause tout acte malveillant et ne réalisant pas les dégâts que produit cette mise à part. Si l’on pense à faire un rapprochement, alors il y aura un rapport. Si le chef de l’usine se dit que ses ouvriers sont pas bien payés, et que c’est de sa faute car c’est lui qui les payes, alors dans ce cas le rapprochement est là car il y a pensé. Dans le cas contraire il a la clef de license et ne fait en aucun cas le rapprochement entre ces ouvriers mal payés, et lui qui est bien payé.

« Nous haïssons les gens qui voudraient nous amener à former les rapports que nous ne voulons pas former. »

Haïr les gens qui voudraient nous donner le rapport entre nous et la cause, ramène à ne pas vouloir en faire le rapport entre notre choix et notre conscience. Si aucun rapport ne se forme entre notre action et notre conscience, alors nous avons en notre possession l’anneau de gygès ou la clef de license. Nous haïrons toute personne voulant prouver le contraire, que l’action produit est de notre faute, sans que l’on en soit conscient. De la mort d’une personne, à son licenciement, il y aurait rapport que venant de la personne qui nous fait ce rapprochement que nous ne voulons point former. Et pourtant elle a raison. Nous la détesterons car nous voulons pas que la cause soit remis sur notre épaule. Et pourtant notre conscience une fois effacée nous gâche cette vision de rapport entre l’action et nous même.


« Pouvons-nous profiter de la vie sans « mettre à part » ? »

Au jour d’aujourd’hui, il serait dur de mettre à part toute genre de chose, sachant que l’on prend conscience des choses qui nous entoure en grandissant et en découvrant le monde. Ainsi arrivé à un certain moment de notre vie, nous pouvons comprendre ce qu’est le fait de mettre à part, et de pourquoi nous mettons à part les choses. Imaginer un monde sans mettre à part serait une utopie. Mettre à part signifie cacher, ne plus faire allusion à quelque chose, le laisser de coté, ne plus en parler… La liste est longue mais signifie bien mettre de coté, mais quoi ? Qu’est ce que l’homme peut-il mettre de coté? et pourquoi le fait-il ? Ces question vont nous servir à répondre à la problématique initiale. Ainsi que le texte de Simone Weil avec lequel on a répondu aux questions précédentes.

C’est nous qui somme maître de nous même, c’est notre conscience qui prend le contrôle quand il s’agit d’action et d’ordre humainement parlent. La conscience joue un rôle important dans le choix d’un individu sur une décision ou une action qui doit être réalisé. Elle est importante surtout dans la notion de « mettre à part », là où elle joue un rôle capital. L’homme est quand même conscient de certaine chose, et surtout du bien de soi et d’autrui. L’homme sera un jour forcé de prendre une mauvaise décision, par sa propre volonté. Dans ce cas de figure, la conscience de l’homme va être rogner, pour ne garder que le positif et en supprimer le reste. En soit cette acte de volonté envers soi-même de ne plus prendre conscience des choses et de les effacer met à bien notre profit personnel, tandis que le profit d’autrui est supprimé, détruit. L’homme ne pense plus à la personne mais à sa propre personne. On met à part sans le savoir, ou plutôt sans qu’on veuille le savoir et c’est à ce moment que l’homme met à part, il ne veut plus savoir ce qu’il supprime de sa conscience, il la jette, ou l’on peut dire qu’il la coupe comme s’il montait sa propre vidéo d’éloge pour ne garder que le meilleur de lui et donc avoir une bonne conscience. C’est avec cette volonté de ne plus savoir, que l’on peut commettre tous les crimes. A savoir que l’on peut commettre un meurtre, sans l’avoir touché physiquement, mais seulement avec la conscience. L’homme devient donc incohérents. L’homme ne peut tuer de sa propre main un être humain en général, mais avec des simples mots, est capable de tuer une personne. C’est là le danger de la mis à part de soi, ce soi que l’on devrait garder en nous, mais que automatiquement nous supprimons quand il s’agit d’oublier certains actes. Comment un PDG ou chef d’entreprise ferait-il pour voir ses employés être sous payer et de ne voir aucune cohérence avec lui, s’il ne met pas à par sa propre conscience de soi-même, qu’il est le chef et que c’est lui qui paye les employés ? Pourtant le chef d’entreprise continuera son travail en se disant qu’ils sont payés à leurs juste valeur, sans se soucier de la personne, mais du travail qu’ils fournissent. C’est une trahison envers soi-même de ne pas voir les choses tels quels le sont, notre image, et notre conscience ne peuvent qu’en être affecter. Cette trahison qu’on se fait nous divise en deux. On a au fond de nous un soi qui comprend les choses et qui est cohérent, de l’autre nous avons un soi qui est incohérent et qui oublie toute chose nuisible à son propre fonctionnement. « On fait des choses, sans le savoir. » deux choses qui peuvent être opposées, « Faire des choses » et « sans le savoir » soit les deux partis de notre conscience. D’un coté on fait des choses, on le sait c’est des actions physique ou verbale, ça on en est tous conscient. Mais de l’autre nous ne sommes pas conscient de ce qu’on fait en réalité. On ne peut pas ne pas savoir ce qu’on fait, sinon on est pas conscient, mais ce que l’on veut c’est de ne pas le savoir, de l’éviter, et de vouloir garder que l’aspect neutre de notre action.

Mettre à part est d’une part notre conscience, puis autrui, à ne plus savoir que l’on fait inconsciemment des choses néfastes. Savoir la vérité permet de rétablir l’ordre. Vivre sans mettre à part serait tout aussi avantageux que de vivre en mettant à par.

 

 

 

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Une réflexion au sujet de « Pouvons-nous profiter de la vie sans « mettre à part » ? [PHILO] »

  1. Bonjour (re),
    Il y a deux ou trois choses qui ne vont pas dans votre explication. Quand vous dites à propos du prestige social que c’est la même chose qu’au moyen-âge avec les paysans et les seigneurs, cela me semble faux car à l’époque, on pourrait dire qu’au moins c’était clair, injuste mais clair. Le seigneur n’a pas à faire semblant d’être un seigneur. Aujourd’hui c’est différent. Si vous êtes chef d’entreprise, médecin ou directeur des ressources humaines, vous devez jouer un rôle et tout soumettre à ce rôle, y compris la bonne opinion que vous avez de vous-même, la bonne conscience.
    D’autre part vous ne comprenez pas l’idée selon laquelle nous haïssons les gens qui nous obligent à faire des rapports que nous ne voulons pas former. C’est plus simple que ce que vous dites. Le Patron de la « Loi du marché » haïrait la personne qui lui dirait que Madame Anselmi s’est donnée la mort parce qu’il l’a licenciée (ce qui est pourtant très, très plausible, voire quasiment certain).
    Bien pour la dernière question: « Pouvons-nous profiter de la vie sans mettre à part? ». Il faut que vous vous demandiez ce que c’est que « profiter de la vie ». Il est clair que si vous vous limitez à cette définition: »trouver du plaisir », il est nécessaire de mettre à part parce que, comme le dit Simone Weil, nous pensons tellement au bénéfice que nous allons retirer d’une conduite incorrecte, voire parfaitement dégueulasse que nous mettons à part les conséquences nuisibles à Autrui de nos actions comme pour les achats de produits fabriqués dans des conditions inhumaines, etc. Mais profiter de la vie cela peut aussi signifier l’assumer, être « un », entier dans nos choix, nos décisions, nos actions et nos joies. Thierry dans la loi du marché a choisi la précarité sociale mais l’intégrité morale. J’avais évoqué une certaine lecture du proverbe « Bien mal acquis ne profite jamais », sous entendu, un profit que l’on acquis en se trahissant, en se marchant dessus, en ne se souciant pas du tout de l’estime de soi, ne peut pas vraiment nous satisfaire, parce que si nous mettons à part, nous nous divisons et si je me « coupe en deux », pour pouvoir jouir d’un petit plaisir, comment pourrais-je recoller les morceaux afin d’être « UNE » personne pour profiter pleinement de ce bénéfice ? C’est le « pleinement » qui est ici intéressant. Je ne peux pas me trahir moi-même en vue d’un objectif plaisant et jouir intégralement de ce plaisir parce que j’aurai accepté de me dédoubler, de me mentir à moi-même et je serai devenu un salaud. Socrate, disait qu’il valait mieux subir une injustice que la commettre. C’est ça le fond de la question. Enfin là, je suis à fond pour Simone Weil, vous pouvez peut-être défendre l’idée selon laquelle il n’est pas possible d’avoir une vie sociale sans mentir, sans trahir, sans se comporter comme une ordure, auquel car profiter de la vie suppose que nous mettions à part.
    Voilà, n’hésitez pas à me contacter si vous avez besoin de plus de renseignements.
    Bon courage

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